Après trois années de recul, le pouvoir d’achat immobilier des ménages cesse enfin de se dégrader. Mais l’amélioration reste marginale. En 2025, acheter redevient possible, sans pour autant effacer les pertes accumulées depuis la fin des taux bas.
Un léger redressement, mais loin du compte
Le marché immobilier français semble avoir trouvé son point d’équilibre. En 2025, la chute brutale du pouvoir d’achat immobilier observée depuis 2022 s’interrompt enfin. Pour un ménage capable de consacrer 1 000 euros par mois à son crédit, la surface finançable progresse légèrement. Une respiration bienvenue, mais qui ne doit pas être surinterprétée.
Les chiffres publiés par Meilleurtaux montrent que ce gain reste modeste. À l’échelle nationale, l’amélioration se mesure en mètres carrés comptés, non en rattrapage massif. Après avoir touché un point bas fin 2023, la solvabilité immobilière s’est redressée en 2024, puis stabilisée en 2025. Autrement dit, le marché ne se contracte plus, mais il ne se détend pas réellement non plus.
Cette stagnation traduit un phénomène structurel. Les taux d’intérêt ont cessé de monter, mais ils demeurent très éloignés des niveaux exceptionnellement bas qui avaient porté le marché jusqu’en 2021. Dans le même temps, les prix de l’immobilier n’ont corrigé que partiellement, absorbant seulement une fraction du choc de financement. Résultat : l’équation reste tendue pour une large partie des ménages.
Des écarts territoriaux marqués, mais une logique commune
Derrière cette moyenne nationale se cachent toutefois des réalités locales très contrastées. Certaines villes bénéficient d’un rattrapage plus visible, essentiellement là où les prix restent accessibles ou ont effectivement corrigé. Dans ces territoires, le pouvoir d’achat immobilier progresse plus sensiblement, redonnant de l’air aux primo-accédants.
À l’inverse, dans les marchés historiquement chers, la situation demeure bloquée. Paris incarne cette inertie : pour une mensualité identique, la surface accessible reste extrêmement limitée, malgré plusieurs années de recul des prix. La baisse des taux n’a pas suffi à compenser le niveau élevé des valeurs immobilières.
Cette dispersion géographique ne remet toutefois pas en cause la tendance de fond. Dans la majorité des villes, le bilan annuel oscille entre stagnation et amélioration marginale. Le marché s’est normalisé, mais à un niveau inférieur à celui connu avant le choc des taux. Depuis 2020, la perte cumulée de pouvoir d’achat reste significative, traduisant un décrochage durable entre revenus, prix et conditions de financement.
Le crédit redevient accessible, mais sans effet de levier massif
Dans ce contexte, le comportement des banques joue un rôle central. Après une période de grande prudence, les établissements sont revenus sur le marché du crédit immobilier. La concurrence s’intensifie, les dossiers redeviennent examinés avec davantage de souplesse, et les marges sont parfois rognées pour capter de nouveaux clients.
Pour autant, cette détente du crédit ne crée pas d’effet d’aubaine. Les taux se sont stabilisés autour d’un plateau, sans amorcer de véritable baisse supplémentaire. Selon les projections de Meilleurtaux, le scénario central pour 2026 est celui d’une stabilité prolongée, davantage dictée par l’évolution des taux souverains et la politique monétaire que par une volonté de relance.
Le message adressé aux ménages est clair : attendre un retour des conditions d’avant-crise serait illusoire. Le marché fonctionne désormais avec des taux plus élevés, des prix plus sélectifs et des projets plus mûrement réfléchis. Acheter en 2025 ou 2026 n’est pas une question de timing opportuniste, mais de cohérence patrimoniale.
La stabilisation actuelle marque donc une fin de cycle, pas un nouveau départ. Le pouvoir d’achat immobilier s’est arrêté de chuter, mais il ne retrouvera pas, à court terme, l’élasticité qui a longtemps porté le marché. Une réalité avec laquelle acheteurs et investisseurs doivent désormais composer.
